Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 10:48
Blog de Mél' :


Mes chers admirateurs, j'ai deux nouvelles à vous annoncer ce soir :

1)je suis peut être enceinte !!! Mais tout devrait rentrer dans l'ordre : demain j'irai au centre médical universitaire pour demander une pillule du lendemain. J'espère juste qu'ils seront ouverts entre midi et une heure, sinon je serai obligée de rater la piscine. Et j'espère aussi que ça me donnera pas autant mal au ventre que la dernière fois ...

2)Je crois que ma copine « N » (elle veut pas qu'on mette son nom sur internet ) va enfin quiter son abruti de mec pour sortir avec Loïc. Loïc, c'est un de mes ex : il est sympa et il a une bmw. Et puis lui au moins il est musclé, pas comme cet imbécile de Daniel qui a même pas de bagnole et qui prend pas soin de lui. Des fois j'ai trop la honte quand je dois sortir avec lui et son meilleur pote. D'ailleurs je sais même pas comment il s'appelle celui-là.


Voilà mes admirateurs, c'est tout pour ce soir.
Je vous embrasse tous et surtout hésitez pas à lâcher vos comm'

PS : demain je mettrai en ligne mes photos de la dernière soirée t-shirt mouillés au Pamplemousse (je suis arrivée deuxième au concours !!c'est cette Cxxxx de Céline qui a gagné... mais elle c'est pas des formes qu'elle a ! c'est de la graisse !!)


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Journal intime de Nathalie :


Ca fait quatre jours que moi et Daniel on n'a pas couché ensemble... c'est chelou qu'il ait plus envie de moi comme avant. Je me demande s'il me trouve toujours attirante. Et puis pourquoi il veut pas qu'on habite ensemble ? Il va falloir que je lui mette la pression pour qu'il se décide.

Sinon à part ça, j'ai encore reçu trois SMS de Loic aujourd'hui. Il veut faire « un cinq à sept » avec moi... Il peut toujours courir lui ! Et puis si il est si amoureux que ça il a qu'à attendre son tour. Je lui répondrai demain !
Sinon à part ça ... rien !


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Chan RP « la Taverne des Gibiers de Potence »


<IXO-killer>Bon on se fait une partie Live bientôt ?
<DaN-san>Ok ça marche ! où ça ?
<NoNaMe>chez toi pour changer ?
<DaN-san>euh... ma meuf emménage bientôt avec moi ...
<War{UN}Lock> 1pec' com ça on pourra la voir !!! Houhouuuuuuuuuuuu
<NoNaMe> ... (tu t'en mordras les doigts ...)
<DaN-san>mouai ... faut que je lui en parle !
<IXO-killer> OSEF !! c'est pas une gonzesse qui va nous prendre la tête ! C'est chez toi tu fais ce que tu veux encore !
<War{UN}Lock>ouai C kler !
<NoNaMe> ... (jvous aurez prévenu...)
<DaN-san> Ok on fait ça !


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Extrait conversation MSN


Mel' dit :
Alors tu vas emménager ?

Nath ' dit :
Ouai ! Ya plutot interet !

Mel' dit :
Quand ça ?

Nath ' dit :
Dès que Monsieur sera décider !

Mel' dit :
Ben ma vieille c'est pas encore pour demain ! Avec les mecs si tu décides pas pour eux, tu peux toujours t'accrocher pour qu'ils se bougent !

Nath ' dit :
Ouai t'as raison

Mel' dit :
t'as qu'a faire comme j'ai fait pour Anthony : tu prends tes affaires et tu les mets chez lui. Ca passe ou ça casse !

Nath ' dit :
Ouai et si ça casse ?

Mel' dit :
Ben tu casses !

Nath ' dit :
Ouai mais bon, j'ai envie de garder mon mec quand même !

Mel' dit :
Tu dis ça parce que c'est ton premier mec ! Crois en ma longue expérience, ça sera pas le dernier ! Et puis si il veut pas, ça veut bien dire que c'est pas un mec pour toi !

Nath ' dit :
Ouai t'as raison ! Je vais faire ça !

Mel' dit :
Et puis toute façon au pire t'as toujours Loîc qui se fera une joie de t'accueillir chez lui !

Nath ' dit :
Ouai c'est ça !!!! et une fois que je me serai allongée sur le dos ça sera « A Dios ». C'est bon je suis pas une pute !

Mel' dit :
Ya pas de mal à se faire du bien... et puis Loïc il fait beaucoup de bien ... tu verras !

Nath ' dit :
T'es vraiment une salope Mel' !!

Mel' dit :
Ouai ben t'as qu'à pas être aussi coincée aussi !

Nath ' dit :
Hey ! Tête de truffe ! Je dis ça en rigolant ! T'es pas une salope ! C'est juste pour déconner !

Mel' dit :
Ouai ben fais gaffe quand tu me dis ça ! J'aime pas qu'on ternisse ma réputation comme ça !!


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Conversation téléphonique entre Daniel et sa Mère :


« Allô ?
_ allô Daniel ? C'est maman !
_ ah salut ca va ?
_ oui oui et toi ?
_ ouai ouai ... ça va ça va
_ alors quoi de neuf ?
_ bah euh... pas grand chose en fait ! Ah si ! Je vais emménager avec Nathalie !
_ ...
_ allo ? Maman ? T'es là ?
_ oui oui ! Tu sais ... pour Nathalie, je sais que t'as l'âge mais ...
_ mais t'inquiète pas Maman ! Oui on prend nos précautions ! On est grands on sait ce que c'est la vie...
_ t'es sur de ce que tu fais avec cette fille ?
_ pourquoi tu me demandes ça ?
_ parce que c'est pas la peine de se précipiter juste pour faire plaisir à cette ... à cette fille. Pense à toi d'abord !
_ oui mais c'est tout vu ! Et je vois pas pourquoi tu t'inquiètre comme ça !
_ ben je m'inquiète parce que la dernière copine ... enfin... t'es assez grand maintenant !
_ quoi ? Pourquoi tu dis ça ? Mais ça n'a rien à voir ! Mylène était un peu bizarre d'accord, mais c'est autre chose ! Et puis le temps a passé, je suis plus mature ! Je sais voir si il ya quelque chose de ...
_ Ben on dirait pas que ça t'as servi de leçon ! Lâche cette Nathalie ou tu vas encore revenir à la maison dans un sale état comme la dernière fois !
_ Maman !!! arrête de dire des conneries !
_ moi je pense à ton bien, les mères sentent se genre de chose !
_ bon écoute, si c'est pour me prendre la tête avec des trucs comme ça, c'est pas la peine d'appeler ! Alors merci aurevoir !!


_____

SMS de Nath' à Mel' :


Salu Je sui devan
la porte de chez lui.il
tape encor à lordi et
jlai entendu parlé à 1
meuf au tél.
je rentre. A+


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Chan RP « la Taverne des Gibiers de Potence »


<IXO-killer>elle est gaulée ta meuf ?
<DaN-san> ouai grave !
<NoNaMe> façon de parler... elle a un gros cul !
<War{UN}Lock> mmmm... c'est bon ça !!
<IXO-killer> c'est un ogre des Tartarres sa meuf ! Lol
<NoNaMe> mouhahah MDR
<DaN-san> arrêtez vos connerie ! On frappe chez moi ! AFK, deux sec, je re


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Conversation téléphonique entre Daniel et sa Mère :


« allo Maman ?
_ Allo ! Daniel ? Tu appelles pour t'excusez de me raccrocher au nez c'est ca ?
_ Non c'est pas ça .... enfin si ! Je m'excuse ! Tu peux me rappeler s'il te plait ?
_ ouai c'est ça ! Pour appeler ta belle t'as du forfait... pour ta mère c'est autre chose... C'est bon je te rappelle »


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Chan RP « la Taverne des Gibiers de Potence »


<DaN-san>on se connait ? C'est la meuf à Daniel qui écrit. Il est au téléphone avec sa mère! Qui c'est qui dit que j'ai un gros cul ?
Player left : <NoNaMe> disengaged
<IXO-killer> alors comme ça t'es gaulée ?
<War{UN}Lock> PTDR


_____

Conversation téléphonique entre Daniel et sa Mère :


« Allô
_ allô maman ?
_ oui ! Alors qu'est-ce qu'il y a ?
_ euh.. il bosse demain Papa ?
_ Pourquoi ?
_ ben on aurait besoin de la camionnette, c'est pour un déménagement
Mais dis lui que c'est pour moi abruti ! Passe moi ça !
_ allo ?
_ allo ? Madame ? Oui c'est Nathalie ! Ca va bien ?
_... euh...
_ merci pour la camionnette ! C'est parce que j'ai quelques trucs à déplacer jusqu'ici !
.. rhoo passe moi ça !
.. rholàlà c'est bon !
_ Allo maman ? C'est d'accord alors ?
_ bah ! Si il faut ...! Mais quand tu repartiras la queue entre les jambes dans quelques mois, tu te trouveras un autre déménageur que « papa-maman Sarl »
.. quoi ? qu'est-ce qu'elle a dit ?
_ merci c'est cool ! À demain alors bisous !
_ ouai c'est ça ! Bonne nuit !
... bon alors on va virer ton canapé de là parce qu'il est moche et on va aller on acheter un neuf à ... »

Par dvb - Publié dans : feuilleton : JalousieS
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 10:46
« Si tu m'aimes alors tu emménages avec moi !!
_ on pourrait en discuter non ?
_ écoute ça fait quatre mois qu'on se connait, quatre mois qu'on sort ensemble et qu'on se voit tous les jours ! Qu'est ce qu'il te faut de plus pour t'engager ? Je vais pas rester habiter chez ma mère toute ma vie ! T'as peur ou quoi ? Ou alors c'est que tu tiens pas tant que ça à moi ?
_ mais ça n'a rien à voir !
_ Je te préviens : si t'emménages pas avec moi avant la fin du mois, je prends une collocation avec le premier venu... et advienne ce que pourra; faudra pas venir pleurer si je couche avec un autre mec !! c'est ça que tu cherches ?
_ arrête un peu de dire des conneries ! Tu m'énnerves des fois ...
_ T'es vraiment qu'un sale gosse. Tu veux profiter de moi quand ça te chante, mais t'es incapable de prendre les décisions qu'il faut pour me faire passer en priorité ! Tiens demande à ton pote si j'ai pas raison ! J'ai pas raison ? »

Et merde ! Va falloir que je dise quelque chose de très intelligent là. Parce que sinon elle risque soit de me prendre la tête pendant des heures soit elle va encore faire du chantage à Daniel !
Une solution vite !

Alors si je dis « Ouai t'as raison Nathalie, ça serait bien que vous vous engagiez plus », elle risque de me dire
a) _ tu te fous de ma gueule ? Tu le penses même pas !
b) _ tu vois Daniel : même tes potes pensent que t'es un naze et que tu sais pas profiter d'une fille comme moi !

Par contre si je dis « Vous voulez pas réfléchir encore un peu ? », là ça risque de ressembler à :
a) _ toute façon vous êtes tous les mêmes les mecs ! Incapables de prendre des décisions.
Ou bien :
b) _ toi tu peux pas me blairer et t'essaie de me faire casser avec Daniel depuis le début ! D'ailleurs moi non plus je peux pas te blairer.

« alors j'ai pas raison ?
_ euh...
_ Pfff ! Vous êtes vraiment tous les mêmes vous les mecs : incapables de prendre une décision. Tu vois bien Daniel : tes potes sont comme toi, ils sont biens nazes et ils savent pas apprécier une fille comme moi ! Toute façon je peux pas te blairer !!
_ hey ...
_ laisse ! Je m'y attendais un peu : je m'étais préparé psychologiquement !
_ waow ! Humour, ironie, cynisme !! J'en ai marre de vous ! J'me tire ! Si on me cherche je suis au Pamplemousse avec Mélanie ! Elle s'est fait lourder par son mec, on va lui en chercher un nouveau... et ptet que je vais m'en trouver un nouveau aussi, un qui m'appréciera à ma juste valeur ...! »

bon ! Ça c'est fait, on va pouvoir le regarder ce match enfin ! Exit les gonzesses !! enfin entre mecs !!

« euh... excuses moi, mais je crois que pour le match ça va pas le faire. A la limite ya un écran de télé au Pamplemousse ...
_ OH ET PUIS MERDALAFIN !!! ELLE PREND LA TETE TA GONZESSE !!!
_ ouai je sais ... on va au Pamplemousse ?
_ m'en fous ! Tu paies la première tournée !
_ ça marche ! »


Le PAMPLEMOUSSE !!!!! Bar à Cocktail, spécialités de rhum forts en tout genre et bière à volonté. Une musique DE MEN TIELLE EUHHHHHHHHH, des spots lights plein les mirettes, DJ Aspégic aux platines, et une ambiance de folliiiiiiiiiie (comme au club dorothé en somme).

Le PAMPLEMOUSSE c'est 120 clients sur 13m² les jeudis, vendredi et samedi soirs... (et en déficit le reste de la semaine). Soirée étudiante tous les quinze jours avec navette pour le CARTON Club Discothèque !! et n'oubliez pas : celui qui ne boit pas, c'est celui qui ne sort pas !!!

Alors nous voilà arrivés au Pamplemousse. Manque de bol ce soir c'est soirée infirmière, donc pas de match à la télé !! quelle arnaque !

_ salut Mél'
_ salut Nath'
_ ça c'est Daniel mon mec tu connais ?
_ ouai on s'est déjà vu, (biz, biz...) ah non moi je fais trois !(...biz)
_ et ça c'est son pote !
_ salut (biz, biz, aïe !!) oups pardon, d'habitude moi c'est une seule ! »

Dis donc elle a rien à jeter la Mélanie ! Je la voyais pas aussi vieille par contre ! C'est pas plutôt une copine à sa mère ?

_ salut moi c'est Mel' ! On s'est déjà vus ?
_ ouai ici sans doute je viens souvent !
_ ah ok c'est cool, moi aussi je viens de temps en temps.
_ euh.. pourtant c'est assez jeune comme ambiance. Ya pas mal d'étudiants.
_ ouai je sais : je suis en 2ème année de tourisme, j'ai 20 ans »

oh la vache !!!! Du coup ça me fait froid dans le dos; on dirait une rombière de quarante balais, et je parle pas uniquement de son autobronzant mal étalé, mais aussi de sa tenue et de sa façon de poser. Rholàlà !! la pimbêche quoi !! Remarque elle va bien avec l'autre ...

« hey !?
_ mmmhh?
_ elle est pas mal non ?
_ de qui ? De quoi ?
_ la ptite Mélanie !
_ c'est un style ...
_ tu veux que je demande à Nath' de te brancher avec ?
_ je vais plutôt aller prendre une mousse moi !! Quelqu'un veut quelquechose ? »

Mais quelle misère ! Me voilà coincé entre l'amoureux transis, la psychorigide à tendance névrotique et l'archétype de la vieille-belle-avant-l'âge. Et en plus je rate la demi-finale !!
Je me lève, je vais au bar et je salue le patron, histoire de prendre un peu de distance.

De là où je suis j'observe mes compagnons de soirée.

Un mec s'approche de leur table et s'agenouille près de Mélanie; il lui parle un peu à l'oreille et elle ne tarde pas à glousser. Elle remonte très haut ses pommettes pour sourire.. c'est peut être un secret de beauté ?! Vue la couche de fond de teint qu'elle a, même si elle rougissait on le verrait pas. Alors peut être qu'elle tend ses joues à fond pour faire refléter la lumière des spots sur sa face ... et comme ça le tour est joué : elle peut faire croire qu'elle rougit devant un beau mal. Mmmhh, c'est peut être un peu trop élaboré comme parade nuptiale. Bah disons qu'elle sourit bêtement devant un bel éphèbe musculeux.

Tiens ! Pendant ce temps Nathalie lorgne Daniel qui vient de voir une ancienne copine du lycée. DANGER DANGER !!! Pourvu qu'elle ne fasse pas une scène encore. Ca me rappelle la fois où Daniel était sorti des toilettes du bar en même temps qu'une jolie brune; Nathalie avait reniflé un coup fourré et avait fait remarquer que Daniel était resté très longtemps aux toilettes. Elle se demandait bien ce qu'il était resté y faire d'ailleurs. Du coup pendant tout le reste de la soirée elle avait guété le comportement plus que suspect de la fille et en avait conclu qu'on lui cachait encore quelque chose. Elle m'avait tenu la grappe pendant vingt minutes pour que je crache le morceau : elle voulait que j'avoue que moi et Daniel on connaissait cette fille, pire, qu'on voulait se la faire...

C'était il y a quinze jours ...


Je retourne à la table rejoindre les autres.

Mélanie est en pleurs. Elle ne sait plus quoi inventer pour attirer l'attention on dirait.
Daniel lui passe un bras affectueux autour des épaules et lui glisse un petit mot de réconfort. Elle reprend le sourire peu à peu. En sirotant son kyr elle lance des oeillades à tous les éphèbes musculeux qui passent à sa portée. C'est là que je m'aperçois qu'elle doit porter un maquillage waterproof ou un truc subtil dans ce goût là : après avoir fait son petit quart d'heure de comédie, elle est à nouveau fraîche et pimpante !! J'y crois pas !! Alors ça existe vraiment les filles comme elle ?! C'était donc pas une légende ...

Comme je m'ennuies un peu je prends mon téléphone et je lance un jeu de tétris !! Dans ces moments là, je me mets en mode « autiste ». Lorsque je lève les yeux de mon petit écran c'est pour voir Nathalie et sa copine se faire des messes basses. Elles me font peur !! je replonge vite fait dans mon jeu.

Quand finalement tout le monde décide qu'il est tard je me fais une joie de me lever et de remettre mon manteau. Je suis déjà dehors prêt à partir. Encore faut-il que « Nath' » fasse les quinze bises réglementaires à « Mél' » et lui fasse plein de câlins parce qu'elles vont pas se voir avant au moins ... demain !

Je souris brièvement quand Mel me fait un signe de la main. Je la vois qui s'éloigne vers un bel éphèbe musculeux pour aller se faire allumer une cigarette. Je relève ma vitre, mets le contact et attends que Daniel et Nathalie soient bouclés avant de démarrer. Ils se sont mis à l'arrière tous les deux. JE DETESTE quand ils font ça. !! je suis pas un chauffeur de taxi merdalor !!

Sur la route du retour je laisse traîner une oreille à ce qu'il se dit à l'arrière.

« dis donc je te trouve vachement familier avec mes copines ? »

Je viens de voir Daniel rouler des yeux avant de répondre :

« quoi encore ! Qu'est-ce que j'ai dit ou fais ?
_ tu l'as prise dans tes bras ! T'es pas son frère ou son pote hein !
_ j'ai fais ça pour qu'elle m'aime bien, pour que tu remarques que je m'intéresse à tes amis. J'essaie d'être sociable !
_ tu sais elle s'en fout pas mal de ta sociabilité! Mel', elle est comme moi, jalouse et possessive. Elle a pas dû apprécier ce que t'as fait... et moi non plus d'ailleurs. C'est parce que c'est une belle blonde c'est pour ça ? Non mais tu crois quoi ? Que tu vas te la faire elle aussi ? »

[c'est reparti !!]

« et voilà ! C'est reparti !
_ « c'est reparti » !! gros naze ! Tu sais Mel', elle te trouve pas beau ! Elle me l'as dit
_ hein ?! Et toi tu laisses dire ça ?!
_ bah quoi ?! T'es pas un beau gosse non plus ! Faut pas croire !
_ bah qu'est ce tu fais avec moi alors si je suis si moche que ça ?!
_ des fois je me le demande tiens ! Surtout quand t'arrêtes pas de matter les meufs dans les bars !
_ HEIN ?!!!
_ tu crois que je t'ai pas vu ? T'es pas discret comme mec ! C'est pas parce que t'es dans une soirée infirmière que tu dois croire que tous les phantasmes sont permis ! En plus elles sont toutes moches les élèves infirmières !
_ mais qu'est-ce que tu racontes encore ?
_ je dis que t'es comme tous les mecs, tu phantasmes sur les infirmières
_ mais n'importe quoi ...
_ blablabla
_ gnagnagna
Par dvb - Publié dans : feuilleton : JalousieS - Communauté : Les Amis de l'écrit
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 10:45
Plusieurs semaines plus tard Daniel était à cran. Son teint blafard ne cessait de me tourmenter : il faisait vraiment peine à voir.

Quand on lui demandait si ça allait il répondait : « mmmouarfemblblff » ce qui était sans doute un idiome venu du plus profond des âges et voulant signifier « mbof ». Mais souvent il reprenait avec un vague sourire d'espoir: « toute façon tant que j'ai ma petite chérie, ça ne peut que bien se passer ».

La petite chérie en question quant à elle était en pleine confusion existentielle. J'avais cru comprendre qu'elle avait mené discrètement sa petite enquête sur les antécédents affectueux de Daniel. Un soir, alors que j'allais chercher mon pote Daniel en question, je m'arrêtais devant la porte de son appartement. J'allais frapper mais je fus interrompu dans mon geste : une assiette (probablement lancée à très haute vélocité) venait de se fracasser contre la porte. Je restai stupéfait un instant. Puis les voix émanent de l'appartement me parvinrent, étrangement nets (mais sans doute était-ce dû à la finesse des murs de placo dont était fait tout le palier, ou bien tout simplement au volume sonore de la conversation intrinsèque).

« Hey !!! ma vaisselle ...
_ TA GUEULE AVEC TA VAISSELLE !!! TU PEUX M'EXPLIQUER CA ?????
_ expliquer quoi ?
_ C'EST QUOI CE BORDEL ?! Pourquoi tu caches ça dans tes affaires ? Pourquoi ya des photos et des lettres de ton ex sous ton lit ? Sous le lit où on baise en plus ?! AHHHHHHHHH TU VAS ME RENDRE FOLLE AVEC TES SALOPERIES !!!
_ hein ? Mais .. mais je ...
_ vas-y ! cherche le bien ton mytho !!
_ mais je cache rien du tout !
_ mais tu te fous de ma gueule !!!!
_ mais c'était rangé là, c'était pas caché !
_ ah ouai ! Bien rangé à l'abri de tous les regards, manque de bol je suis quand même tombé dessus !

On se demandait bien comment d'ailleurs... Je restais écouter, fasciner par la scène qui se dérouler de l'autre côté de cette porte en contreplaqué. C'était terriblement malsain, mais il était de mon devoir de tout savoir, de tout entendre, puisqu'il s'agissait de mon ami, et que je devais me montrer à la hauteur de cette amitié. Alors, oui, même si c'était dégueulasse, il fallait que j'entende ça !! (puis au moins j'aurai des choses à raconter).

_ on se demande bien comment tu les as trouvé d'ailleurs...

[ah ben tiens]

_ j'ai fouillé !
_ t'as fouillé ?!
_ je savais bien que t'avais quelque chose à cacher, alors j'ai pris les devants : tu vois comme j'avais raison !
_ mais c'est ... [mais c'est ...] ... dégueulasse [dégueulasse] !!!!
_ Ouai mais n'empêche que je me suis pas trompé ! Ben j'ai pas été déçue de lire pendant que tu prenais ta douche tiens ! Ecoute un peu ça : « Mon bébé (plus craignos tu meures) je repense encore à la nuit dernière, pendant qu'on se blottissait l'un contre l'autre (qu'on s'emboîtait l'un dans l'autre tu voulais dire je suppose ?!). C'était vraiment magniiiifiiiique, je n'ai jamais passé une aussi belle nuit que cette nuit là (en plus elle écris comme une gamine de 11 ans). Je te fais de gros bisous, mouha, mouha ». Alors ? Qu'est-ce que t'as à dire là dessus hein ?
_ mais c'est ma vie privée...
_ NON ! Si tu es avec moi, si tu m'aimes comme tu le prétends, t'as plus de vie privée : ta vie privée c'est NOTRE vie privée. Moi j'ai rien à cacher moi, moi j'ai pas whatmille ex planqués sous mon lit moi !
_ mais ... rhoo et puis merde tiens!
_ t'as pas mieux à dire ? T'es vraiment un lâche... tu fais pitié. T'es même pas capable d'assumer tes conneries.
_ mais si tu me laissais parler aussi !
_ Mais je t'écoutes ! Alors ? Qu'est-ce que t'as à m'avouer encore ? Et puis d'abord c'est qui cette greluche qui t'écris sur du papier à lettre bisounours avec des petits coeurs et des petites étoiles roses ? Tu fais dans la pédophilie c'est ça ? T'es dégueulasse !! ALORS ??!! REPONDS !! C'EST QUI CETTE PUTE ?!
_ elle s'appelle Myriam, elle m'a écris ça quand elle avait 11 ans, et elle parle du feu d'artifice du 14 juillet 1995 !
_ ouai c'est ça... et comment je peux le savoir ça ?
_ il y a encore la date en entête...
_ quoi ? Tu te souviens de la date exacte ? Tu l'as apprise par coeur cette lettre ou quoi ? Ben dis donc elle t'as marqué cette conasse de Mireille !
_ Myriam
_ oh pardon ! Myriam, que c'est mignon ce ptit nom ! Et tu la revois toujours ?
_ mais non !! elle vit au Canada depuis des années !
_ et ben qu'est-ce que t'attends pour la rejoindre alors ?
_ mais t'es folle ou quoi ! C'est avec toi que j'ai envie d'être, c'est ici que je veux faire ma vie, avec une fille que j'aime, avec toi quoi !!
_ ouai ben je te préviens : tu risques pas de rester longtemps avec moi si je continue à trouver des lettres chelous planquées un peu partout chez toi.
_ tu fais quoi là ?
_ ben je fous tes lettres à la poubelle ? Ahhhh... parce que tu voulais les garder en plus !
_ bah bien sûr que oui !!
_ je te préviens c'est Myriam ou moi !! alors choisis vite.
_ mais !
_ je te préviens, si tu déchires pas ça de suite je me casse dans deux minutes te je couche avec le premier venu !
_ c'est une preuve d'amour pour toi si je fais ça ?
_ non ! C'est juste la preuve que tu fais pas passer une autre fille avant moi ! »

Dégoûté par ce que je venais d'entendre, je décidai de partir. Mon moral était en berne, je repensais moi-même à ce genre de petites lettres que j'écrivais étant enfant aux petites filles qui voulaient se marier avec moi dans une cour d'école. Est-ce que les souvenirs d'enfance avaient moins d'importance que l'avenir incertain d'un jeune adulte ?

Je n'eus pas le temps de penser à une hypothétique réponse. Daniel venait de sortir sur le palier. Il se dirigeait vers le vide-ordure un sac en plastique sous le bras. Il me reconnut mais garda baissés ses yeux rougis de larmes lorsqu'il me croisa.

« ah tiens salut!
_ salut. Je passais dans le coin justement...ça va toi ?
_ ouai ouai ça va ... je faisais un peu de ménage. Des vieilles affaires à jeter à la poubelle. »
Par dvb - Publié dans : feuilleton : JalousieS - Communauté : Les Amis de l'écrit
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 10:39

Salut, je me présente ... non ! On s'en fiche ! Je suis pas venu là pour vous parler de moi après tout.
Je voulais plutôt vous présenter mes amis. Enfin... un couple que je connais plus exactement.

Vous pensiez tout connaître de l'amour et de la jalousie ?

Et bien pas moi !


Un jour, mon ami Daniel vint me voir.

« écoute ! Faut vraiment que je te dise un truc ! J'ai rencontré LA femme de ma vie !
_ encore ?!!
_ Déconne pas ! Cette fois c'est la bonne, je le sais, je le sens, c'est inscrit au fonds de moi.
_ et comment elle s'appelle cette fois-ci ?
_ oh ! Je sais pas encore, j'aimerais bien le savoir d'ailleurs »

Ouai comme ça tu pourras scarifier son nom à côté de ceux des précédentes, pensais-je. Mais visiblement, celle-ci prendrait plus de place dans sa vie que quelques centimètres mal cicatrisés sur un avant bras ...

Il l'avait rencontré à la fac, ils avaient une option en commun, quelque chose comme un cours du style « cinéma et balivernes, ou la mythomanie argentique », le genre de truc qu'on ne pouvait trouver qu'au fin fonds d'une fac de lettres.

Ils s'étaient regardés, un peu, beaucoup, passionnément et au bout de deux longues semaines d'approche et de doute ils avaient enfin pu se mettre d'accord sur un rendez-vous. Il l'avait invité au cinéma, voir une rétrospective d'Eisenstein. [ben voyons... je me voyais bien moi, inviter une donzelle à mater un vieux film de propagande communiste, pelliculée par un type dont j'arrivais même pas à prononcer le nom ... ]. Paraît-il qu'au moment de la charge d'Alexandre Nevski, la Belle était déjà bien émoustillée. Et pendant que le berceau bringuebalait à la renverse sur les marches d'Odessa, il lui avait mis la main au soustif et elle était au bord de la pâmoison !!!

Quoi qu'il en fut, quelques jours plus tard Daniel vint me voir.

« écoute, faut que je te parle. Je crois que ma copine...
_ celle du cuirassé Potemkine ?
_ ouai !!
_ comment elle s'appelle déjà ?
_ Nathalie...
_ Natali !! hey ! Kurva !!!
_ arrête un peu !
_ il avait un joli nom mon guideeeeeeuuuuh, Na ta liiii !!!
_ C'est bon ! Celui de Bécaud c'était un mec !
_ Il est gay Bécaud ?
_ je sais pas ! Mais ça sonne comme un coming out cette chanson. Bref ...
_ bref ! Donc ta Nathalie ?
_ ben je crois qu'en fait ... elle ...
_ elle...?
_ elle aime pas trop le cinéma ! Elle est venue à ce cours parce que sa copine lui a dit que j'y étais. Pendant les films de Eisenstein, elle a pas arrêter de ...
_ t'arrives à prononcer « ésène-tchène » toi ?
_ ... de me rouler des patins. En fait c'est une simulatrice !
_ bah je vois pas de quoi tu te plains, vaut ptet mieux ça que l'inverse !
_ comment ça ?
_ t'aurais préféré qu'elle simule être une créature sensuelle pour mieux se repaître devant des films expressionnistes ?!!
_ ça aurait été plus honnête !
_ Arrête de te prendre la tête et fonce !! »

Oui je sais ! J'aurai sans doute pas dû l'encourager. J'aurai dû lui dire « Ah naaaaaan !! méfie toi de cette splendide succube qui s'apprête à te dévorer la cervelle !!! » ou quelque chose comme ça. Mais je ne l'ai pas fait, je pensais que ça serait mieux pour lui d'oublier ces déconvenues précédentes en se concentrant sur un peu de gaudriole estudiantine... mais comme dit l'autre, l'enfer est goudronné de bonnes intentions !

La première fois que je me rendis compte que quelque chose clochait ce fût à 15 h 45 le mardi 15 janvier de ... de je ne sais plus trop quelle année. Je passais dans un couloir de la fac, où je crus reconnaitre la fameuse Nathalie, qui attendait près de la porte d'un amphi. Je trouvai étrange de la voir là, puisque, étudiante en économie, elle n'était pas sur le bon campus. Alors que j'allais m'approcher pour me présenter, la porte de l'amphi s'ouvrit pour laisser sortir les étudiants de lettre.

Daniel sortit accompagné de ses collègues. Il y avait 3 filles, anciennes copines de lycée qui avaient choisies le même cursus que lui. Ce que je vis me fit froid dans le dos. Alors que je pensais que Nathalie lui sauterait au coup pour l'emballer aussitôt, je la vis blêmir et s'éloigner discrètement vers un angle d'où elle suivit des yeux Daniel et ses camarades. Son visage était fermé et elle serrait les poings à s'en faire saigner.

Ni l'un ni l'autre ne remarqua ma présence.

Quelques heures plus tard, Daniel et moi on se retrouvait à la cafet' du campus. On vidait des demis à 80 centimes d'euros (à ce prix là on se privait pas !!!). Comme on avait l'esprit un peu embrumé, on n'avait pas de suite fait attention à sa présence. Nathalie balança son sac sur Daniel avant de poser fermement ses deux mains sur la tables parmi les verres vides.

« Alors c'est comme ça hein ? Tu fais même pas gaffe que je suis là. Je suis invisible ou quoi ?
_ Ah ma chérie, t'es là ?
_ « ma chérie » ?!! t'as rien trouvé de plus mièvre ?
_ mais c'est affectueux mon canard !
_ arrête avec ces petits noms je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça. Qu'est-ce que j'en sais que c'est pas les mêmes petits noms que tu donnais à toutes tes ex ?
_ euh... je suis pas sûr que ça soit le moment ni l'endroit pour ...
_ BAH QUOI ?!!! T'AS PEUR QUE TES COPINES M'ENTENDENT ?!! »

Nathalie désigna du menton un groupe de filles attablées un peu plus loin. Elles nous étaient parfaitement inconnues mais elles s'étaient arrêtées de parler pour observer le clash.

« on les connait pas ces filles...
_ Ouai c'est ça ! Fais l'innocent ! Et regarde pas ton pote comme ça pour chercher de l'aide !!
_ si vous le permettez ... je vais peut être vous laisser discuter tranqui...
_ non ! Toi tu restes là
_ Moi c'est ...
_ j'm'en fous de ton nom !
_ enchanté moi aussi !
_ écoute ma ché... euh.. écoute Nathalie, je comprends pas là ! Il se passe quoi ? T'es pas contente de me voir ?
_ je t'ai vu cet après midi !
_ hein ? Où ? Quand ?
_ t'as peur ou quoi ?
_ peur de quoi ?
_ ben t'es là tout speedé « où quoi comment ? » t'as peur que je t'ai grillé ?
_ grillé de quoi ?
_ ben ouai je t'ai grillé ! T'étais avec trois pouffiasses, COMME CELLES QUI ARRETENT PAS DE MATER LA BAS ...
_ gnein ?
_ eh doucement ...
_ c'est ça que t'as à cacher ? Je savais bien que tu pouvais pas être aussi bien que tu le prétendais.T'es vraiment qu'un sale mytho quand tu me disais « ouai mais j'ai jamais trompé personne, je sais pas draguer les filles, ça m'intéresse pas ». t'es qu'un manipulateur !! Je te déteste ! Vos êtes tous pareils vous les mecs !! »

Sur ces mots elles s'en alla, non sans toiser la table de filles qu'elle avait pris en grippe. Elle leur asséna une menace insultante avant de déguerpir.

Comme elle avait oublié son sac derrière elle, elle appela sur le cellulaire de Daniel deux minutes plus tard pour l'intimer de rappliquer vite fait avec ses affaires, et de bonnes excuses pour ses méfaits. Je le regardai partir, atterré que j'étais par l'intrusion de cette furie.

Daniel s'excusa platement, il dut ramper aux pieds de sa bien aimée pour tenter de la convaincre qu'il ne couchait avec aucune de ces trois garces pendant les heures de cours, et que, non, il ne fantasmais secrètement sur aucune d'entre elles (même pas sur celle qui avait une face de lune et des gros seins).

Plus tard Daniel m'avoua que Nathalie était un peu jalouse. Elle n'était jamais sortie avec aucun mec avant lui, et n'avait donc aucune expérience des relations amoureuses... Moi j'aurais plutôt dit qu'elle avait aucune idée de comment se tenir en société !!
Par dvb - Publié dans : feuilleton : JalousieS - Communauté : Les Amis de l'écrit
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 10:24




L'homme sortit de la rame de métro. Alors que les travailleurs en retard se pressaient vers les sorties pour rejoindre leurs bureaux, lui resta un moment sur le quai déserté. Il admirait l'architecture moderne de la ligne intérieure. Ca faisait bien longtemps qu'il ne s'était retrouvé ici. Comme lui, la station avait un peu vieillie. Elle n'était plus aussi clinquante que dans ses souvenirs. Une vague de nostalgie s'apprêtait à l'envahir. Il fit refluer cette sensation au fonds de lui. Il y reviendrait plus tard. Pour l'heure il devait se concentrer sur son travail. Une fois qu'il en aurait fini, il pourrait se laisser aller autant qu'il voudrait. Il en aurait sans doute bien besoin d'ailleurs.

Il leva les yeux vers les panneaux lumineux. « Quartier international ». il était resté sans bouger bien trop longtemps. Un homme qui rêvasse seul dans une station de métro presque vide ça se repère assez facilement. Il commença donc à marcher. D'un pas rapide. Les gens marchent toujours vite en ce lieu et en cette heure.

Il longea la longue galerie voûtée. Les néons se reflétaient sur le verre de ses lunettes à mesure qu'il avançait. Il franchit le portique mécanique et se trouva dans la partie commerciale de la station. Il ne prêta aucune attention aux vitrines de vêtements chics. Il dépassa un employé de la propreté qui discutait avec le gérant du bar. Etonnant. Voir ce grand noir appuyé contre son balais rigoler de bon coeur avec ce méditerranéen rondouillard et moustachu lui rappela que le brassage ethnique était une valeur toute relative. Ici plus qu'ailleurs les nations vivaient et se rencontraient, parfois se mélangeaient, mais jamais ne perdaient leurs identités profondes.

Lui venait d'ici, et d'ailleurs. Metropolis. Il y était né. Il y avait passé pas mal de temps étant plus jeune, mais jamais assez pour se considérer comme un citoyen de la Ville du Milieu.

Il tourna la tête rapidement pour voir l'intérieur du bar. Il était comme tous les autres. Un long comptoir en marbre avec sa barre en laiton en face des hauts tabourets. Bien qu'il ne vit pas distinctement le reste, il s'aida de son vécu pour ressentir le lieu. Il y avait sans doute les petites corbeilles de métal blanc qui accueillait les doses de sucre, les récipient à lait, pour coupé le café. Et puis quelque part entre la caisse enregistreuse et le présentoir à journaux, l'homme pouvait sentir le parfum des viennoiseries à l'abricot. Le souvenir des petites perles de sucre les entourant lui revint. En un instant il se revit gamin. Accoudé au comptoir sirotant le « cappucio » tandis qu'un groupe d'ancêtres dégarnis et édentés riait fort à la table qui leur était réservée, la « gazetta » rose occupant une chaise près d'eux, éternelle invitée à ses réunions d'anciens travailleurs toujours souriants. Ils passaient leurs journées à jouer au sette bello. L'homme se souvint qu'il se débrouillait lui même plutôt bien à ce jeu.. pour un étranger.

Le souvenir s'évanouit pour laisser place à l'escalator menant à la surface.


Du sous-sol qu'il s'apprêtait à quitter il vit le ciel. Ou plutôt « l'absence » de ciel. Dans ce rectangle gris d'où soufflait une brise étonnamment tiède, il commença à voir se dessiner le toit de la cité. C'était un moment qu'il avait toujours apprécié. En cet instant, où le laissant porter par les marches automatiques, il redécouvrait le coeur du quartier international. Lentement, il quitait les souterrains pour émerger aux pieds des tours de verres.

La force de cette ville était qu'elle offrait des paysages radicalement différents d'une station à l'autre. Il avait quitté une ville autrichienne du XVIII dix minutes auparavant, pour se retrouver dans un monde futuriste. Trois cent ans en à peine quatre kilomètres.

Il s'étonna à nouveau de l'absence de foule. Il vérifia l'heure affichée par une immense horloge électronique sur la façade proche de ce qui lui apparut comme la succursale d'une banque suisse. La date et leur défilèrent, sitôt suivis par les cours du Nikkei.

L'homme poursuivit sa route. A partir de cet instant, où il avait fait ses premiers sur l'esplanade centrale du quartier des affaires, il referma son esprit. Il n'y avait dès lors plus en lui que le traitement froid des informations. Un horraire, une carte mentale des lieux, et puis un objectif. Il avait tout assimilé il y a de cela plusieurs jours.

Il y a trois jours, à plus de mille cinq cent kilomètres de là, son superviseur lui avait tendu un fax. Ca venait de très haut. Du Très Haut même... Son superviseur ne le savait pas, mais il connaissait personnellement Leur Chef à tous. Mais ça bien sûr, c'était son plus grand secret.

Le Chef avait besoin de lui en particulier. Ce qui signifiait que sa mission devait toucher à Ses intérêts personnels. Il en avait toujours été ainsi jusqu'à présent.

D'habitude il se contentait de gérer les affaires courantes des missions de types Atropos pour sa région. Parfois il allait sur le terrain rencontrer les clients et présenter les rapports lui même. Il se présentait alors sous le nom de « Clotho ». C'était la procédure initiale. Celle que le Chef avait mis en place il y a des années de ça, et qui avait toujours marché jusque là.

Mais cette fois-ci, il avait le droit à un billet d'avion en classe affaire et d'un d'hotel quatre étoile. Son superviseur ne parut pas étonné plus que ça. Quand il le briefa il se souvint qu'il était né à Metropolis, qu'il y avait même un peu vécu, et surtout qu'il parlait la langue. Il semblait donc tout particulièrement désigné pour ce contrat.

Il examina le fax. Pris quelques notes et fit des recherches sur internet. Il reçu par mail les détails du contrat. Ce jour là il parti plus tôt du bureau. Il aimait prendre son temps les heures précédents ses voyages d'affaires.


C'est ainsi qu'il se retrouva à déambuler dans les rues de l'immense ville. Ses souvenirs, ceux de sa jeunesse comme ceux de sa fiche de missions, lui permirent de se rendre au point de rendez-vous. Il n'avait que cinq minutes d'avance sur l'horaire. C'était très juste. Un jour il raterait un travail juste pour avoir perdu trop de temps dans l'approche. Il avait toujours eu tendance à sous-estimer le parcours. Heureusement pour lui, il marchait très vite et savait se repérer facilement, même dans les villes étrangères. C'était inné chez lui, ce sens de l'orientation surhumain, comme un atavisme presque animal. Il savait où aller. Il ne se perdait jamais. Ce qui en faisait un excellent guide, et une cible très difficile à suivre. Ca lui avait sauvé la mise bien des fois.

Il vérifia sa montre. « Eccoci qua » pensa-t-il froidement. Il sorti l'arme. C'était un objet particulièrement bien travaillé. Il utilisait des munitions standards de neuf millimètres. Celles-ci étaient toujours livrées sur place. Elles ne traversaient pas les frontières. Contrairement à l'arme en elle même. Entièrement démontable et presque entièrement faite en plastique. Les parties repérables, notamment le canon, étaient détruites à chaque fois. C'était bien évidement la méthode la plus rarement employée dans son boulot. La discrétion et la dissimulation étaient maîtres mots. Mais quand le temps pressait, l'assassinat direct était encore le plus simple. Un crime crapuleux intelligemment simulé marchait presque tout le temps. Mais dans ce cas, on confiait la mission à des gens comme lui. C'était un « crochet » fait au règlement habituel, mais l'intervention de professionnels s'avérait parfois nécessaire.

Sa télécommande émis un tintement. La cible était donc en marche. Le prochain tintement, annoncerait son arrivée immédiate.

Il vérifia à nouveau que la ruelle était vide. A cette heure-ci personne ne passait par là. Il s'agissait d'un passage étroit entre deux tours d'un même centre d'affaire. Plus haut, à plusieurs dizaine de mètre au dessus de lui, il y avait des passerelles permettant la communication entre les deux immeubles. Il était juste en dessous : personne ne le verrait d'au-dessus. Il se posta contre l'un des murs. À côté de la sortie de secours. Quand celle-ci s'ouvrirait, il serait donc caché derrière. Il jeta un coup d'oeil à la jardinière remplie de sable qui servait de cendrier collectif. Lui laisserait-il le temps de fumer sa dernière cigarette ? Il y pensa brièvement en concluant qu'il valait mieux ne pas perdre de temps. D'autres personnes pourraient avoir l'idée de les rejoindre en les voyant se diriger vers l'espace réservé aux fumeurs. Autant éviter d'accroitre inutilement le nombre de témoins.

Second tintement. Il raffermit la pression sur son arme. Releva son écharpe sur son nez et se plaqua contre le mur. Il entendit deux voix lorsque la porte s'ouvrit. Il attendit un instant que la cible poussa suffisamment la porte. Il fit un pas derrière elle et braqua son arme dans la direction de la femme blonde. Elle parlait de cette belle voix rauque qu'ont parfois les italiennes. Ses cheveux ambrés étaient soyeux. L'extrémité profilée du silencieux n'était qu'à une dizaine de centimètres de sa nuque. Elle agita la main pour éteindre son allumette. L'homme qui se tenait en face d'elle n'eut pas un regard pour le tireur, ce qui en faisait également un excellent professionnel. Il finit de lui raconter une anecdote amusante à propos d'une collègue de bureau. Elle rit de bon coeur en lançant son allumette. Elle porta la cigarette à ses lèvres. L'homme derrière elle tira.

Celui qui servait de témoin avait été éclaboussé. Il avait beaucoup de sang sur la chemise et sur le visage. Il se contenta de dire « Bravo, sono Clotho. Bisogno sparare nel muro dall altra parte ». L'assassin, tira donc dans le mur en face pour laisser un impact. Il avait été convenu que le Clotho servirait de témoin. Il dirait qu'il était descendu fumer avec la femme, que quelqu'un attendait patiemment que des hommes d'affaires viennent se détendre pour les dépouiller. Mais sans doute le tueur avait-il était trop empressé; il avait tué la jeune femme, et Clotho aurait eu ce réflexe salvateur de pousser la porte contre le bras de l'assassin. Celui-ci aurait tiré par réflexe. Puis ayant pris peur s'en serait enfui.

Les deux hommes prirent le temps de vérifier que la cible était bien morte. Puis ils se saluèrent. Clotho se mettrait à crier d'ici une minute. Lui aurait déjà eu le temps de partir. Il serait sans doute déjà retourné dans la station métro.

En s'éloignant de l'objectif. Tout en marchant dans l'allée, il rangea rapidement les éléments de son pistolet, les séparant dans chacune de ses poches. Il rabaissa son écharpe en retrouvant l'esplanade.

Il respirait profondément. Dans ses moments il évitait de penser. S'était très mauvais de gamberger juste après un homicide. Il décéléra volontairement le pas. Toujours discret, ne pas attirer l'attention, se fondre dans le paysage. Il se dirigea sciemment vers un groupe d'enfants qui visitaient le quartier avec leur professeur. Il longea ensuite les vitrines avant de redescendre par la bouche de métro d'où il avait émergé à peine dix minutes avant.

En repassant devant le bar, il se souvint plus exactement de cet après-midi là, lorsque enfant et sirotant ce cappucino délicatement sucré, il avait observé le groupe de vieillards jouant aux cartes. Il se souvint pourquoi il s'était retourné vers eux. La patronne du bar venait de leur annoncer le tirage au sort de la coupe : l'Inter et le Milan allaient se rencontrer en derby. Il se souvint qu'il y avait eu beaucoup d'émotion à ce moment. Il se souvint avoir rejoint le groupe de vieux et la patronne vers l'écran de télévision pour écouter les premiers commentaires.

Tous souriaient, et s'amusaient. On le taquina même un peu pour savoir pour quelle équipe il ferait « il tifo ».
Par dvb - Publié dans : le projet NM6
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